Les conséquences de l'IVG sur les frères et soeurs

D’après l’étude d’un pédiatre du Pays de Loire, l’avortement aurait un impact sur les frères et sœurs « survivants ».

Le docteur Jean-François L., pédiatre en unité de soins intensifs puis pédiatre en ville, a en effet, au fil de ses consultations, découvert que l’avortement pouvait entraîner des répercussions sur les enfants qui suivaient. Anorexie, troubles du comportement, rebellions, insultes verbales, hyperactivité…. tels sont les symptômes chez l’enfant qui pourraient évoquer une souffrance due à un avortement de la maman, qu’il soit naturel, par fausse-couche ou provoqué (IVG ou IMG). Nous avons tenu à en savoir d’avantage
 
– Quand avez-vous commencé à vous préoccuper du sujet de l’avortement ?
 
En 1998, lors d’une consultation quand la maman à la fin d’une consultation de son enfant de 12 mois m’a demandé s’il était difficile d’avoir des enfants rapprochés et moi de répondre une phrase banale de type :  » oui bien sûr ! mais tout finit par s’arranger  » et la mère de me répondre :  » merci Docteur, alors j’ai bien fait d’avorter la semaine dernière ! « 
Et moi de sentir alors au fond de moi une colère énorme ! Et de lui dire que je n’avais jamais songé à ce conseil !
Voilà le début d’un changement de regard sur mes patients, car j’ai réalisé à ce moment, que cette mère, la semaine précédente, avait brisé la vie d’un petit frère ou d’une petite soeur de l’enfant à qui je venais de faire un vaccin !
Je n’avais jamais songé à l’avortement jusque là dans mes consultations car mes patients eux n’étaient pas avortés par définition.
 
Et progressivement j’ai pensé en pédiatre à ce problème et j’ai eu l’intuition que l’avortement devait avoir des conséquences sur la fratrie, comme n’importe quel drame touchant la famille, d’où mon étude sur de longues années de consultation.
 
– Quels sont les symptômes d’un enfant dont la mère a avorté ?
 
Il n’y a aucun signe clinique précis qui puisse indiquer à un pédiatre que la mère de cet enfant a avorté dans sa vie.
Mais il faut y penser quand l’enfant présente des signes de souffrance en particulier des troubles du comportement dont je répète les causes sont variées. Décès d’un membre de la famille, conflit familial, conflit avec un autre enfant à l’école, mal adaptation à l’école, tout cela donne des souffrances à l’enfant et cela peut se manifester chez lui de diverses manières, troubles du sommeil, refus d’obéissance, anorexie, colère, angoisse, énurésie, encoprésie, la liste est longue, et chez les petits, coliques, vomissements, régurgitations.
 
La seule chose qui me semble un peu plus spécifique de l’avortement chez la mère, est l’angoisse de l’enfant dans le cabinet du médecin, se traduisant par colère, crise de nerfs,…. et la difficulté extrême pour une maman de changer les couches de son petit quand celui se débat dès qu’il est en position allongée.
 
Cependant dans mon étude, j’ai trouvé que l’anorexie d’un enfant était plus fréquent et significatif chez les enfants dont la mère a avorté plusieurs fois. Cette anorexie se manifeste de la façon suivante : refus de nourriture et « guerre » de la maman pour lui donner à manger (sans que cela entraîne des conséquences visibles sur la santé de l’enfant mais état de résistance de l’enfant qui épuise les parents). Cela est aussi une preuve que l’avortement par lui même entraîne des conséquences sur le comportement des frères ou soeurs de l’avorton. Il serait intéressant que les pédopsychiatres s’occupant des anorexies chez les adolescents creusent ce lien avec les parents de ces adolescents. Il y aurait une grande voie de guérison.
 
Enfin, dans les dessins d’enfants, là, je peux affirmer qu’il existe des signes qui traduisent l’avortement de leur mère.
 
– Les enfants savent-ils verbaliser ce qu’ils ressentent ? Savent-ils inconsciemment qu’un enfant est manquant ?
 
Non ils ne peuvent verbaliser leurs souffrances, c’est au pédiatre, pédopsychiatre, médecin, et autres spécialistes de traduire le comportement de l’enfant. Ils ne peuvent pas verbaliser, mais dans leurs dessins, c’est tout différent, là on peut lire dans leur âme………

(ndlr : Le docteur a remarqué que les enfants représentaient l’enfant non né par un rond barré ou par un personnage non fini. Quand l’avortement a été annoncé par la maman, l’enfant transforme cette « erreur » de dessin par un cœur ou un soleil.)

 Dessine-moi ta famille (2)

 

– Quels sont les gestes, les paroles, qu’une femme ayant avorté peut utiliser pour restaurer l’équilibre ou la souffrance de l’enfant qui n’a plus son frère ou sa sœur ?
 
L’avortement brise la vie d’un être qui aurait pu être un grand frère ou une grande soeur, un petit frère ou une petite soeur et ainsi l’avortement est une agression pour les enfants qui naissent de la femme.
Je ne vois que le chemin de la demande de pardon de la mère à ses enfants pour ce petit ou grand frère, cette petite ou grande soeur. Et quelle montagne à grimper !
 
Mais la consultation où la mère dévoile son acte est la voie royale pour gagner le pardon des enfants, car souvent la mère verse des larmes et les enfants voient cela, comprennent le tourment de leur mère, et changent devant moi de comportement comme par magie, me regardent avec une lueur extraordinaire comme s’ils disaient  » enfin un qui a compris !  » et souvent m’embrassent à la fin de la consultation alors qu’ils étaient vraiment épouvantables par leurs pleurs leurs colères, parfois chez les petits, ils s’endorment dans les bras de leur mère,  » leur  mission accomplie « 
 

– Quelle est la réaction des mères quand vous leur révélez la cause des symptômes de leur enfant ?

 
Au début, j’ai fait des erreurs, voulant trop prouver le lien éventuel entre avortement et état de l’enfant, et j’ai été pour ces mères comme un juge, et ces consultations étaient un très bon moyen de perdre à jamais ces mères. J’ai appris, et j’ai surtout la conviction de ces liens que je n’avais pas auparavant d’où un discours beaucoup plus médical, plus neutre donc et mes consultations sont souvent digérées correctement par les mères, mais les larmes sont souvent au rendez vous.
 

– Dès lors que vous avez mis le doigt sur la cause, ces femmes adoptent-elles une attitude de regret ou d’amertume ?

 
La plupart du temps, la mère voit souvent une intuition, qu’elle se refusait d’admettre, se confirmer.
Parfois, elle a une fermeture et de l’agressivité envers moi. Elle se réfugie derrière la défense de la loi,  mais cela, je le remarque de moins en moins. Cependant, même quand la consultation s’est bien passée sur le moment, la mère choisit par la suite un autre médecin pour suivre son enfant. Ces consultations pompent une énorme énergie émotionnelle pour les deux intervenants, la mère et le médecin.
 

– Comment ont été accueillies vos conclusions dans la profession ?

Le silence caractérise la réaction des médecins à qui j’ai envoyé mon étude.
 
Ce ne sont pas les seuls à ne pas répondre, les Ministres de la Santé et du Droit des Femmes, de 2014, n’ont pas daigné commenter cette étude, Madame Marisol Touraine, a fait suivre à la Direction Générale des Hôpitaux, je le sais de vive voix en ayant téléphoné au service adéquat du ministère et depuis le silence. J’ai envoyé aussi cette étude à diverses sociétés savantes et le silence aussi.
Et pour le moment je n’ai pas envisagé de la faire publier par un journal médical, sans doute pour ne pas faire une action inutile.
 

– Etes-vous chrétien ? Sont-ce vos convictions qui vous ont amené à réfléchir sur les causes de l’avortement ou e,st-ce au vu de ces IVG massives que votre foi s’est accrue ?

 
Ce n’est pas la religion qui a entraîné mon coeur à la réaction viscérale que j’ai eu quand la mère de 1998 m’a remercié de l’avoir à mon insu déculpabilisée de son avortement des jours précédents, c’est mon esprit d’homme, tout simplement, face à cette injustice. En revanche, le fait d’être chrétien, catholique, m’a fait relire la Bible avec cette pensée que le Seigneur, le Dieu d’Israël, puis le Messie, ne pouvaient pas ne pas avoir omis cette souffrance et ce drame. Je pourrais remplir beaucoup de cahiers avec les passages de la Bible évoquant dans le mystère l’avortement de la femme.
 
Et cette recherche que j’ai faite me rend aujourd’hui un grand service, car je termine souvent mes consultations lorsque la mère m’a confié l’histoire de son ou ses avortements en disant ceci :  » Si vous avez l’occasion de lire ou relire les Evangiles, vous trouverez la femme qui a avorté, cherchez-la et j’ajoute « Et Marie Madeleine est hors concours ! « .
 
– Que pensez-vous de l’avortement en général ?
 
L’avortement est un drame de sang, d’injustice, d’amour.
 
Drame de sang par définition.
 
Drame d’injustice car barrer le chemin de la vie à un être comme le dit Etty Hillesum est une profonde injustice, car la femme qui a reçu le don d’être vivante, comment peut-elle décider de barrer le chemin de vie à son enfant ? Certes l’homme est le grand responsable dans la plupart des situations familiales mais la femme reste l’ultime personne à décider. 
 
Après tant d’années d’expérience, je crois pouvoir dire que l’avortement conduit à la rupture de liens d’amour entre ses enfants vivants et elle même et que le rétablissement de ces liens ne peut passer que par un chemin de pardon.
 
Et ce n’est pas la seule conséquence de ce drame. C’est un drame du couple aussi.
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